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Aller vers l'inconnu

Le ciel me permettra un tout nouveau voyage

En ces lieux inconnus où l’âme ne va plus

En ce centre secret où les rêves abimés

Trouvent un peu de repos et repartent guerriers

 

Si le vent peut porter mes maux pour un instant

Je les lui remettrai en toute humilité

Puis je m’élancerai, chassant chaque tourment

Vers mes cieux inspirés, où sur les chemins creux

 

Je vais prendre un grand souffle et me jeter à l’eau

Vaincue je le serai mais pas sans batailler

La servitude ici a pris tant d’importance

Qu’un seul jour sans combat devient rare et précieux

 

Sur les chemins de terre, aux embruns courroucés

Mon âme se perdra, un peu ici et là

Qu’importe son errance, ses passions, ses défis

Comme un besoin vital, sa quête poursuivra

 

Je ne vais pas courir, je vais juste marcher

Mes pas me conduiront aux portes de maisons

Où des cœurs endormis attendent impatiemment

Qu’on les délivre enfin des offenses du temps

 

Mon tout petit pays, je vais bien le quitter

Ses terres envoutées par le charme des fées

Si je dois emporter une manière d’être

Je prendrai avec moi mon Amour et ma Joie

 

Ainsi me laverai-je de ces curieux mépris

Pour toutes autres valeurs que celles du bonheur

Ces dysfonctionnements dont mon âme complice

Connaît tous les secrets, et moi, tous les visages

 

Quand derrière un sourire, une larme dépasse

Qu’en croisant un destin, je passe son chemin,

Sans arrêter ma course, une petite voix

Me rappelle soudain, qu’aimer ne prend de temps

 

Comment ne pas aimer quand l’infini attend

Qu’un geste dépourvu de regrets incongrus

Soit un point de départ, une autre renaissance

Où l’accomplissement se nomme communion

 

En m’oubliant parfois, je me sens bien meilleure

Sans partage d’amour, comment survivre au jour

Quand la nuit m’enveloppe alors la créature

En moi déploie ses ailes, et rejoint la Lumière

 

 ©26/10/08 (Antia)

Le temps de ...

Survivre encore un jour, ô combien difficile

Obligé et fragile, enfanté sans amour

Usé, désabusé, déséquilibre instant

Rêver obstinément d’un ailleurs où aimer

 

Ici et maintenant, entre joies et enfers

Rien jamais ne se perd, le chemin du vivant

Élude un chant d’amour, face à l’éternité

Estampillant « aimer » du sceau d’un contre jour

 

Sortir de la souffrance et s’ouvrir à la Vie

Tordre ce qui aigri, fêter la délivrance

Il n’est pas un instant, lorsqu’un cœur solitaire

Libère ses enfers, qui ne soit un présent

 

Écoutez la musique aux accords imparfaits

Fouillez dans vos secrets, réveillez le magique

Fragile, je le suis, sortie de ce désert

O combien salutaire évidé de la Vie

 

Revenir au pays d’où je savais aimer

Tendre tous mes paniers, les emplir de défis

Là-bas, je me souviens, il n’y faisait pas froid

Entre toutes les joies, jamais je n’avais faim

 

Saluer les sanglots et puis les libérer

Loin de moi les porter à mes fonds baptismaux

Attendre qu’un passage, une voie de secours

Révèle un carrefour qui ne soit un mirage

 

Maintenant et ici, des plaines et des plateaux

Étendez l’écheveau, jusqu’au bout de vos nuits

Sondez vos cœurs blessés, comptez leurs cicatrices

Redevenez complices et laissez-vous porter

 

En votre devenir des mystères demeurent

Chargés de tant de leurres à tout jamais bannir

O chant de l’infini, combien d’amours perdus

N’avons-nous défendu au péril de nos Vies

 

Fallait-il être fou pour porter ces fardeaux

Ô vous, mes vieux sanglots, je ne veux plus de vous

Retenez vos torrents, j’ai choisi de sourire

Tentez de me séduire, il n’est déjà plus temps …

 

 

 © (Antia)a

Trace

Je me suis détaché, de ceux qui m’ont blessé

J’ai eu le cœur brisé, tant de larmes versées

Autrefois j’avais peur, de laisser à mon cœur

La première des places, où laisser une trace

 

Quand je sentais sur moi, le souffle d’une voix

Je me serais damné pour qu’elle puisse m’aimer

Mais mon chemin fut autre et je devins apôtre

Dans un monde inconnu où je me suis perdu

 

Mes courants asséchés, je pus tout explorer

Des confins de ma vie, j’en avais le tournis

Ce tourbillon nouveau, me rappelait ces maux

Ceux que je voulais taire, étant un peu trop fier

 

Dès mes tous premiers pas, je fus un enfant roi

L’amour de mes parents m’aura porté longtemps

Un voile de douceur, antidote au malheur

Comment les remercier, je les ai tant défiés

 

Mais l’enfant a grandi et affronté la vie

Devant moi la misère a troublé mes manières

Cette étrange vision m’a rempli d’émotions

J’ai vu de près la mort, sur les routes et les ports

 

En choisissant mes voies, j’ignorais qu’ici bas

Il me faudrait du temps, pour vivre pleinement

Oublier la raison, et laisser aux passions

Le loisir d’exister, mais quel prix à payer

 

J’étais très bien pourvu quand les autres étaient nus

Je me croyais heureux, mais ce temps dura peu

Je sentais en mon cœur, une sourde douleur

Devenais-je un peu fou ? J’en avais du dégoût

 

A chacun de mes pas, je vis du désarroi

Je regardais les yeux de ces mil malheureux

Qui mouraient là de faim, quand j’emplissais mes mains

De ces rêves inutiles, à ce monde futile 

 

J’eu envie de hurler à l’univers « pitié »

Pourquoi ces oubliés et moi, le tant gâté?

Où était le mérite, être né dans un gite

Quand dehors la misère estompait la lumière

 

Je me suis arrêté, et les ai regardés

Puis je les ai aimés, bercés et cajolés

Et le flux de la vie a ouvert l’infini

J’ai retrouvé la grâce et laissé une trace

 

 ©15 11 08 (Antia)