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Aux rendez-vous d'hier

Je me souviens aussi, de ce feu crépitant

Ces odeurs défraichies par les marques du temps

Et les miettes de vie comme autant de printemps

Des instants de magie inscrits au firmament

 

Les hivers étaient froids, mais les étés joyeux

Grand-mère avait la foi, mais le bleu de ses yeux

Avait fuit toute joie, le bonheur d’être deux

Lui fut pris une fois, un déluge de feu

 

De ses mains abimées par les temps sans chaleur

Tout semblait s’animer, insolence au bonheur

Dont je n’ai oublié pas même une seule heure

 

J’ai vu ses yeux briller, la retenue des pleurs

De ses cris étouffés j’ai ressenti la peur

Je les ai tant aimés, ma grand-mère et son cœur..

 

 

© (Antia)

A votre courage

Limpides étaient les cieux, nous devenions des dieux

En éveillant nos cœurs, une douce torpeur

S’extrayait des embruns, et nos peaux et parfums

Perdaient leur gravité sur nos plaines dorées

 

En entendant le chant, des oiseaux, du printemps

Rien ne put contenir ce très étrange rire

Apportant avec lui, la joie et les envies

Noyées dans un espace où se perdaient nos traces

 

C’est qu’il en fallait tant pour aller de l’avant

Et combien de combats nous menions ici bas

En nos cœurs valeureux, nous étions bien heureux

Si la force du vent nous poussait doucement

 

Te rends-tu compte ami de ce qui nous uni

Un monde différent a dépassé le temps

Nos racines sont mêmes et nos joies et nos peines

Prennent nos cœurs à part, nous menant quelque part

 

Rien ne ressemble tant à un autre printemps

Ici sur cette Terre où tu vis tes enfers

Nous avons déposé de l’espoir à portée

Tout a été laissé, sublimé, transcendé

 

En ton for intérieur, sens-tu déjà que l’heure

Mène tes pas vers nous. Le royaume des fous

Parle mille langages et rit de tes voyages

Sans jamais arrêter de vivre et respirer

 

Petite âme d’ici, rempli ton cœur de vie

Oubli les mots qui blessent et marche vers la liesse

Une place t’attend, ici et maintenant

Rien ne remplacera, dans ton regard, la foi

 

La liberté vois-tu, te mets souvent à nu

Alors tu te combats et tu baisses les bras

Maintenant lève-toi, avance dans nos pas

Offre-toi le pardon que nous te déposons

 

Une main est tendue, prends-là sans retenue

Rien ne comblera tant le vide de l’instant

 

 

 © 24 02 08 (Antia)

Mystique

 

La parure angélique aux étranges reflets

Offrait attraits magiques et lever de secrets

Mais aussi le tragique, aux parfums désuets

Des humeurs faméliques, où l’esprit se noyait

 

Combien s’y sont brulés, le corps, l’esprit, les ailes

S’étant trop sustentés, des douceurs de son miel

Dans ces chaudes contrées, dépourvues de tout fiel

L’amour édulcoré, puisait son essentiel

 

Il était bien trop lourd, le vêtement divin

Chargé jour après jour, de sourires défunts

De combats pour l’amour contre miroirs sans tain

D’un éternel retour aux portes des chagrins

 

Comment emplir l’instant, élargir son pouvoir

Gommer obstinément les cris de désespoir

Sur les routes du temps, assécher l’abreuvoir

Qui menait lentement sur les routes à mouroir

 

Ne serait-ce un pardon, une pensée fluette

Ou la perle d’un don, une histoire muette

Un souffle d’abandon, une douce layette

Du cœur d’un Cupidon époumonant nos dettes

 

Que nous resterait-il si l’on tournait le dos

À ces ondes futiles où s’épuisent les maux

Un voyage inutile, imposture en cadeau

Ou un amour subtil, un délicat joyau

 

L’encre à peine séchée, les mots se sont trahis

Une larme est tombée sur un mur sale et gris

Et puis une pensée, éjectée d’un abri

Ne s’est pas relevée, une trace jaunie …

 

Je ne sais Ô divin, ce qu’est vivre sans joie

Lorsqu’aux petits matins, je sens ce cœur qui bat

Dois-je tendre les mains, vers un nouveau repas

Apaiser une faim, bien avant mon trépas

 

Comment peut-on servir, lorsqu’autour du malheur

Les échos des soupirs, sur nous retombent en pleurs

Que cache un avenir lorsque le mot « bonheur »

Rime avec « revenir », vers la Source du Cœur

 

Ô manteau angélique, offre-moi ta puissance

Sur tes flots pathétiques, apogée d’indécences

Que ta douce musique emporte mon essence

Et mon âme mystique aux portes d’abondance

 

© 27/05/09 (Antia)

En d'autres temps

Impénétrables jungles où conduisent nos pas

Inextricables voies, paysages changeants

Des automnes aux printemps, s’élève la lumière

Dont les forces princières, ont parfums de mystère

 

Repoussant la matière, ivres de connaissances

Aux frontières des sens, aux impudeurs voilées

Les hommes ont réveillé, sur les crêtes endormies

Les secrets de l’oubli, et nos âmes ont pleuré

 

Nous avions tant cherché, nous nous étions perdus

Dans ce monde inconnu, les multiples défis

Nous avaient alourdis, dans les pas du chagrin

Il n’y avait de pain, juste la peur au ventre

 

Éloignés de nos centres, aux souffles des saisons

De troubles en effusions, nos esprits patiemment

Espéraient de ce temps, si ce n’est la sagesse

Un peu plus de tendresse, et le temps s’affolait

 

Sur les plus hauts sommets, les paroles sacrées

Vers nos âmes ont glissé, nos cœurs en confusion

Étourdis de passions, hébétés et perdus

Ont détourné, vaincus, les chants d’éternité

 

Dans les temps reculés, nombre d’ultimatum

Pesaient fort sur les hommes, et leurs épaules lasses

S’écroulaient en disgrâce, un temps sombre et sans joie

Aux oraisons sans foi, la mort comme invitée

 

Puis la terre a saigné, un cri rauque a troublé

Nos esprits affamés, à la table sacrée,

Lorsque tout fut pillé, le ciel en résistance

Aux tons fauves insouciance, élevait sa prière

 

Ainsi vint la Lumière, une aube nourricière

Son éclat ; de la Terre, éclaboussait d’amour

La naissance des jours, déchainant des torrents

De mil troubles insolents, que de vies sacrifiées

 

Nos rêves étaient fanés, nous n’avions pas compris

Les présents de la Vie, nos cœurs en encensoirs

Suintaient le désespoir, et le temps défilait

Et l’infini hurlait, la Vie nous échappait

 

Comment nous retrouver, où étaient donc les Dieux

Ces esprits capricieux, se moquaient-ils de nous

Nous devions être fous, en ces temps reculés

Mais ô combien aimés, l’oubli nous a heurté…

 

 ©(Antia)