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L'antre d'eux

Je suis entrée chez toi, il y faisait bien sombre

En voulant allumer, j’ai découvert ton ombre

C’est là que j’ai pleuré, en parcourant tes vides

Ces abysses sans foi, cicatrisées de rides

 

J’ai eu peur, je l’avoue, de n’être à la hauteur

C’était un tel défi, redonner ses couleurs

Au sacré de ta vie, telle une dentelière

J’ai recherché ce bout d’où partait la Lumière

 

Il régnait un vacarme, un désordre impatient

Tout était déplacé, les multiples chemins

S’en trouvaient emmêlés, tout était vomissure

Une vallée de larmes, un centre d’impostures

 

Le temps importait peu, seul l’amour travaillait

Fallait-il être fou pour entrer au secret

Dans ce corps fourre-tout des émotions lésées

Sans y mettre le feu aux écheveaux tressés

 

J’ai failli te quitter, en toi j’avais si froid

Que j’ai voulu m’enfuir, trouver un autre toit

Mais j’ai vu ton sourire et je suis revenue

Vers ta douce vallée pour la remettre à nu

 

Et telle l’araignée, j’ai tissé, j’ai tissé,

Sans jamais renoncer à vouloir libérer

De ton cœur abimé, les armoiries fanées

Pour toi, bien trop chargées d’histoires du passé

 

Tu trouvais le temps long, des années d’une vie

C’était désespérant car ton ciel assombri

Ne rêvait que d’instants où ton palais gourmand

Trouverait la raison pour aimer librement

 

Avec ta permission, je suis entrée en toi

Voulant juste effleurer ton temple et ses émois

Mais je l’ai labouré pour porter à tes yeux

La transfiguration de l’Amour et son feu

 

Car pour que tu existes, il te faut accepter

Ce monde et ses mystères, et puis les transcender

Il est un Univers où tu es à ta place

Bien que tu lui résistes, il t’offrira ses grâces…

 ©(Antia)

Le dernier combat

C’est un curieux combat que je vais livrer là

Un défi à la vie, sans instants de répit

Etrange sensations mêlées de dérision

Le monde a rétréci et mes traits ont vieilli

 

Pas vraiment préparé à cette vérité

Je me suis effondré et puis j’ai paniqué,

Permettant à la peur de prendre son ampleur

J’ai essayé de fuir en noyant mes plaisirs

 

Avant de m’envoler, je voulais profiter

Prendre sans partager, surtout ne rien laisser

Puisque j’allais mourir, je voulais engloutir

Mes remords et regrets en lâchant mes secrets

 

Peu importaient les maux que je causais aux sots

A ceux dont la pitié frisait la vanité

A ceux-là mon mépris allait de mal en pis

De l’amour à la haine, je n’avais pas de peine

 

J’ai perdu mon courage en étant fou de rage

J’en ai voulu aux Cieux, et j’ai maudit les Dieux

Qu’avais-je bien pu faire en gagnant ce cancer

Tiré d’un mauvais sort, à la vie à la mort !

 

Où était la justice, un horizon factice ?

Pourquoi tant de souffrances après trop d’insouciance

Un vase s’est brisé, sur le froid marbre usé

C’est mon corps qui se fâche et la vie qui me lâche

 

En courant droit devant, m’arrêterais-je un temps ?

Pour reprendre l’élan vers un dernier printemps

Pousser jusqu’à l’été avant l’éternité

Qui voudrait engloutir, mon âme et ses désirs

 

C’est triste par ici, mais voilà, je souris,

Un mouroir au bonheur donnant des hauts le cœur,

Je ne veux pas d’espoir, je n’ai pas peur du noir

J’ai vu tant de soleils, j’emporte leurs merveilles

 

Maintenant regardez, mon visage est fané

Lui qui a combattu, vous est offert à nu

Un peu perdu, hagard, je confie au hasard

Le soin de me mener vers la félicité

 

J’ai refusé vos soins et choisi mon destin

Je n’ai pas de regrets, la vie est un essai

Et je l’ai transformé, je me suis libéré

Du poids de mon passé, la douleur m’a sauvé

 

© 20/10/08 (Antia)

Soyance

L’écrit vint à la plume et le vent l’en vola,

Dans l’éther argenté, il invita les mots

A la danse des Cieux, puis aux mages d’en bas

Offrit l’éternité en guise de tableau

 

L’écrit se mesura aux primales colères,

Lorsque sa faux fila vers ces lieux sans sommeil

Aux colères infernales, il déploya les vers

D’un ombilic aimant qu’une tendre mère veille

 

Soyance, ô pâle essence, ô mots immaculés,

Combien douce est ta prose aux jets des ans criés

Ô toi plume des vents, solennelle et puissante

 

Berce l’art d’heures en heures, en ces mots que Mu tente

Aux trépas nés d’hier des maux tempétueux

Que tout soit encas, danses, aux puits aimants fougueux

 

 

 

 ©(Antia)

Mourir .... Demain ...

Des célestes contrées, les anges ont entendu

L’appel d’une âme nue, d’un cœur pur tant aimé

 

Puis ils se sont penchés et leurs larmes ont coulé

 

Un cri venu de terre a traversé les ondes

Voyagé dans ces mondes ancrés dans la Lumière

 

Et l’écho rebondi chez eux a atterri

 

L’appel d’un cœur humain au chœur de l’infini

Prière d’un ami à ses frères divins

 

Pureté de l’amour, d’une Foi sans détour

 

L’élan de l’univers, sa machine infernale

Dans un cri animal, a fondu sur la terre

 

Et l homme a  sursauté, il a été touché

 

Il n’est pas de défis qui ne soient récompense

Lorsque l’âme innocence essaime tous ses fruits

 

La divine récolte éloigne les révoltes

 

Et dans l’acceptation, où le corps est plongé

L’amour peut espérer vivre la communion

 

L’âme s’est dévêtue en offrant son vécu

 

Dans un silence lourd, le corps s’est refroidi

Abandon à la nuit, dans un cri resté sourd

 

Mais d’autres sur lui veillent au-delà du sommeil

 

À toi homme de Foi, dont le cœur est si bon

Sur toi nous déversons la céleste mousson

 

Pour toutes tes louanges un Ciel t’envoie ses anges

 

Le soleil reprend vie en ton temple sacré

Soit serein, apaisé, tu seras bien nourri

 

Ce n’était pas ton temps à mourir maintenant …

 

 

© (Antia)

Pleure, pleure mon coeur

« J’ai ouvert mon regard, livré mon cœur sans fards

Perdu au bord du vide où j’ai posé mes rides

Mon univers froissé est tombé à mes pieds

Innocence emportée, mon âme s’est brûlée

 

En soulevant un voile, un dessin sur la toile

Prenant toute la place, illuminait de grâce

Un visage fané, une vie abimée

Chemin sans avenir, un souffle pour mourir »

 

Trop de souffrances ici ont eu raison de lui

Froid dedans et dehors, ne trouvant réconfort

Au milieu du sublime, il creusait ses abîmes

Bout de vie effacée, gommée, dilapidée

 

De ses joies antérieures il ne restait que leurres

Cette vie sans envies avait goût de déni

Nouvelle absurdité de son esprit blessé

Voie sans aucun secours, pas même un peu d’amour

 

J’ai trouvé le meilleur, tout au fond de son cœur

Tracé un horizon, créé une saison,

Un espace à l’amour pour chacun de ses jours

Sillon de terre bleue, où apaiser ses feux

 

Sur la terre brûlée, il s’était écroulé

Le cœur traumatisé par les chagrins passés

Monde, tu en as fait un vieux pantin de jais

D’où tu puises la sève en lui volant ses rêves

 

Aujourd’hui il est prêt à livrer ses secrets

Et il veut nous offrir son parfum, son sourire

J’y ai posé l’amour, il l’a pris chaque jour

Ai forcé son courage à traverser les âges

 

Vu de son piédestal, vous le trouviez bancal

Les héros sont debout et ressemblent à des fous

Flammes d’une âme fière, elle a troublé la sphère

Et le Ciel fatigué finit par abdiquer

 

Les derniers combattants sont las depuis longtemps

Larmes de désespoir noient tous les abreuvoirs

Et je lis dans leurs yeux, un appel vers les cieux

Mon cœur pleure avec eux, ils sont si malheureux

 

Cœur et corps déchirés, nous resterons liés

S’il était un péché, il serait singulier

Est-il encore besoin de refermer nos poings

Mis à nus, nos esprits, se rempliraient de vie

 

A force de pleurer, à force de hurler

Saigner serait encore un bien trop grand effort

 © (Antia)