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Un homme et son histoire

Il pourrait être un aigle et survoler la vie
De ces puissantes serres étrangler les défis

Puis sans se retourner, tout jeter aux orties
Mais il n'est pas cet aigle, il est plus fort que lui
 
Il est homme d'honneur, un pécheur silencieux
Dont les rêves la nuit, le portent jusqu'aux cieux
Il est de ces puissants, dont crèvent les envieux
Attendant ardemment qu'il fasse ses adieux
 
Si son cœur saigne un peu à manquer de l'Aimée
Il porte l'attention comme on porte un baiser
Aux éphémères instants dont seul l'éternité
Se souviendra longtemps, après qu'il fut posé
 
Il serait indécent de lui dire merci
Car il est celui-là qui partage et souri
Lorsqu'autour une meute attend son dernier cri
Aux feux de la cohorte, il joue les affranchis
 
En croisant son regard, on peut le trouver beau
Simplement par hasard, se noyer à ses eaux
Il est la rareté, dont on fait les joyaux
C'est un chêne puissant, souple comme un bouleau
 
Si vous croisez sa route, osez vous approcher
Il peut être farouche, imposant et léger
Parfois vous l'entendrez et vous en tremblerez
Je le sais délicat, un Présent à aimer ...
 
(Antia)

Aimer ... ainsi ...

Pardonnez-moi d’aimer, d’être ce que je suis

Un souffle à épuiser aux aurores meurtris

L’étrange rareté dont s’empare la vie

Lorsque la satiété ne trouve son répit

 

Comment puis-je altérer l’élan qui me nourrit

Celui qui m’a jeté depuis cet infini

Hors des tranquillités pour revenir ici

Du champ d’éternité aux champs des incompris

 

Combien faut-il jeter de pierres aux insoumis

S’ils ne font que parler de leurs maux et envies

Sans jamais refreiner la course des défis

Jusqu’à s’en épuiser et y perdre la vie

 

Je les ai observé tous ces vaillants esprits

Des monts et des vallées, l’écho portait leurs cris

Combien ont résonné dans les creux de mes puits

Où j’allais, atterrée, me ressourcer de Vie

 

J’ai voulu m’éloigner de tout ce qui terni

Mais je dois témoigner pour ce qui anobli

Loin de vouloir sauver chacune de vos vies

J’aime tant vous rêver vivants, en harmonie

 

Les couleurs du passé offrent cette alchimie

Que vos cœurs ont cherché à reproduire ici

Combien se sont heurtés aux vaines embellies

Sans jamais retrouver la voie de l’éclaircie

 

Car pouvoir se moquer de tout ce qui soucie

Sans jamais redouter d’être nommé « maudit »

Nous oblige à aimer ce qui différencie

La personne alitée et ce qui la pourri

 

Si la curiosité s’endort avec la nuit

La spontanéité lancée comme défi

Ne sera que raclée, gifle des affranchis

Et nos cœurs mortifiés sombreront dans l’oubli …

 

Pardonnez-moi d’aimer … ainsi …

 

 ©(Antia)

Quelques maux à vous dire ...

Mon corps a quelques maux

Quelques maux à vous dire

Il les voudrait maux dire

Tant ils le font souffrir

 

Ces maux du cœur à corps

Ont envahi mon fort

Mon temple, sans efforts,

Envahisseurs retors

 

Ils ont déshabillé

Ma parure étoilée

En toute impunité

Sa grâce, l’ont volée

 

Regardez-moi, je pleure,

Il s’égraine des heures

Où peu à peu se meurt

Mon corps souffre-douleur

 

À qui pourrais-je offrir

D’un corps qui veut mourir

Un tout dernier désir

Le parfum d’un plaisir

 

A Vous qui me jugez

Vous tous qui détournez

Mon corps de la beauté

Vous qui me crucifiez

 

De vous qui souriez

Méchamment, vous moquez,

Je voudrais me cacher

Ne jamais exister

 

J’ai si mal en dedans

Je saigne lentement

Mon combat est dément

Vos regards indécents

 

Mon corps à quelques maux

Quelques maux à vomir

De jours sans avenir

Je voudrais m’en dormir

 

Et ne plus éveiller

La douleur du passé

Je voudrais juste aimer

Mon corps martyrisé

 

(Antia)