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Fuite

Tous ces instants abandonnés

Au gré des vents, des alizés

Tout ce temps perdu à penser

Sur vous, sur rien, l’éternité

 

Là-bas se voile un l’horizon

Un univers sans illusions

Où planent encore en effusions

Des chapelets de dérision

 

Allongé sur le sable fin

Un corps offert, contre un festin

Un avenir sans lendemain

S’exerçait à vivre sans faims

 

Ailleurs un cœur saigne un sourire

Un vieux rêve vient y mourir

Ne trouvant pas de paix, c’est dire

S’il a foulé le chœur du pire

 

Les souffrances que l’on dévie

Des livres béants sur les vies

Pauvres, pauvres esprits insoumis

Pleurez de n’être pas compris

 

Vous parlez d’amour et de mort

Virez de bâbord à tribord

Sans même un repos à bon port

Où déposer vos mauvais sorts

 

A vos folies, âmes en détresse

Si douces et pleines de finesse,

Qu’avez-vous fait de la hardiesse

De vos cœurs et de leurs richesses

 

Les auriez-vous confiées au vent

Qu’il vous les porte au firmament ?

En ruminant vos vieux tourments

Vous vivez très négligemment

 

Oublié le si fier guerrier

Grand soldat de l’éternité

Venu ici se révéler

Porter sa lumière sacrée

 

Vous êtes de vrais conquérants

Conservez vos âmes d’enfants

Sublimez-la dans chaque instant

Dans les bons et mauvais moments

 

 © 05/07/08 (Antia)

"Liberté"

Offre au mot Liberté, des saveurs inconnues

Chemins inhabités, ou grandes avenues

Invente ou bien recrée, de force soutenue

Tes grands rêves asséchés de tout leur contenu

 

Ta chère Liberté a besoin de voyage

De nourriture ailée, de parures volages

De ton corps habité par ses parfums sauvages

D’enivrer tes pensées de ses puissants outrages

 

Dans ce monde inconnu pose-toi sur ses flots

Ne la perds pas de vue, jette toi dans ses eaux

Offre ton être à nu, lave-le de ses maux

Si tu te sens déçu, c’est qu’elle est dans ton dos

 

La Liberté vois-tu, portera vers le haut

Tes idées farfelues, cachées dans leur noyau

Car elle est l’inconnu, de ton âme joyau

Son chemin est ténu mais son goût « Renouveau » 

 

Tu la chérissais tant, surtout dans ta prison

Son goût impermanent, ses saveurs, ses saisons

Bousculaient gentiment le chœur de tes moissons,

Et puis l’enfermement au nom de la raison

 

Apprend à revenir, à entrer dans sa ronde

En nommant tes désirs tu souffles sur ses ondes

Qu’elle aime à t’étourdir, n’en fais pas tout un monde

Offre-toi l’avenir, ne perds pas ses secondes

 

Tu cries, tu es envieux, mais tu as de la chance

Car là-haut sous les cieux, elle a goût de constance

Son sourire impérieux en meneuse de danse

Attire les curieux, ses fruits sont « Abondance »

 

Toi tu meurs lentement, de t’en être privé

Tu vis le mors aux dents, tes élans sacrifiés

Par cet acharnement à te dire où aller

Et puis passe le temps et s’en va « Liberté »…

 

Mais elle est ton abri, tes allées verdoyantes

Complice de l’envie, Lumière chatoyante

Toi qui aime la vie, rends la plus transparente

Coule-toi dans son lit et qu’elle te sustente

 

Quand le mot Liberté, rimera avec Joie

Ce mot si galvaudé se consolidera

Son couloir oublié, où se perdent nos pas

Depuis l’Éternité, nous la ramènera

 

 ©(Antia)

En attendant demain

Elle attendait demain, il ferait bien meilleur

Elle égrainait les heures, il fallait bien survivre

Partie à la dérive, épouser un soupir

Plus un son, plus un rire, un silence oppressant

 

Ainsi allait son temps, pleins de vides et de doutes

Incertaines déroutes, oubliée de l’Amour

Voyage sans retour, un cœur larmes et chagrins

Dès le petit matin, parfum de solitude

 

Chasser l’incertitude, éterniser l’instant,

Vivre en renoncement, taire tous ses désirs

Redouter le plaisir, refermer son écrin

Elle avait pourtant faim, faim de vie, faim de joies

 

Elle avait autrefois, des rêves plein le cœur

Recueilli tant de pleurs, offert sa discrétion

Aimé sans conditions, donné et partagé

Discrète et effacée, une étoile filante …

 

Une belle âme ardente, œuvre de l’infini

Aux horizons jaunis, une force, un sourire

Une offrande à nos pires, et le temps qui passait

Étouffant de secrets, la noyait lentement

 

La grâce de l’instant, la puissance divine

La candeur enfantine, un son, une harmonique

Tout ce qui fut magique, infiniment précieux

Oublié sous les cieux, un cauchemar sans fin

 

Un rêve sibyllin, une double implosion

La conscience en fusion, et maintenant elle vole

Fuit ce qui la désole, une larme, un répit

Le vide, ses défis, et l’ancre qui retient

 

En attendant demain, il sera bon, meilleur

Empli de mil bonheurs, de petits « je ne sais »

Pour ses rêves défaits, et enfin respirer

Aimer, aimer, aimer, en attendant demain …

 

(Antia)